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Le circuit-court de l’énergie ou tout comprendre sur l’autoconsommation collective

L’énergie est un concept difficile à visualiser. Pourtant, on l’utilise tous les jours sans même y penser, notamment sous forme d’électricité : on allume la lumière, on lance une machine à laver. Cette électricité, ce sont en réalité des électrons qui circulent jusqu’à chez nous.

Mais d’où viennent ces électrons, et qui les a produits ? Et bien, impossible à dire. Ils peuvent tout autant avoir été produits à plusieurs centaines de kilomètres de chez vous, par une centrale nucléaire, une grosse entreprise pétrolière ou une éolienne : impossible de savoir. Votre fournisseur achète cette électricité au producteur, ou plus souvent à un ensemble de producteurs, et vous la revend. Et en bout de chaîne, vous achetez cette électricité, à un prix fixé par votre fournisseur certes, mais dépendant du marché. Un marché qui peut s’emballer, comme on l’a vu avec la flambée des prix au début de la guerre en Ukraine.

L’autoconsommation collective, ou l’ACC pour les intimes, change complètement la donne : elle permet de savoir précisément d’où vient l’électricité qu’on consomme, et qui la produit, puisqu’elle est produite localement, à côté de chez vous. Concrètement, l’ACC permet de partager l’électricité produite par un ensemble de producteurs entre des consommateurs, au sein d’une même zone géographique limitée : c’est une boucle d’autoconsommation collective. Résultat : vous avez accès à une électricité renouvelable, produite près de chez vous, par vos voisins. Et son tarif est stable et ne dépend plus des variations du marché.

Comment ça marche concrètement si je veux rentrer dans la boucle ?

C’est très simple : dans une boucle, on trouve des producteurs d’un côté, des consommateurs de l’autre. Ces deux parties sont réunies au sein d’une structure juridique qu’on appelle la personne morale organisatrice, ou PMO. C’est elle qui permet à la boucle d’ACC d’exister.

Crédits : ECLR Occitanie

Pour rejoindre la boucle, le consommateur signe simplement un contrat pour acheter l’électricité du producteur, via la PMO. À une différence près par rapport à un contrat classique : il devra garder son ancien fournisseur en parallèle.

Pourquoi ? Parce que la production locale ne peut pas être garantie à tout moment : la nuit par exemple, une installation solaire ne produit pas. Quand les producteurs de la boucle produisent, l’électricité est répartie entre les consommateurs. Et quand ce n’est pas le cas, les consommateurs puisent simplement leur électricité sur le réseau classique, facturée par leur fournisseur usuel. Autre point à anticiper : rejoindre une boucle d’ACC nécessite de disposer d’un compteur Linky, indispensable pour suivre cette répartition heure par heure. Sans lui, impossible d’y participer.

Mais qu’est-ce que j’y gagne si je dois garder mon ancien fournisseur ?

Le consommateur est gagnant sur plusieurs points.

Côté portefeuille, l’électricité de la boucle est souvent proposée à un meilleur tarif que celui d’un fournisseur classique. Mais surtout, ce tarif est stable, indépendant des variations du marché de l’électricité. Vu la tendance à la hausse de ces dernières années, pouvoir s’en affranchir, même partiellement, permet de faire des économies et de s’assurer une réelle stabilité dans le temps.

Côté environnement, les boucles d’ACC sont la plupart du temps alimentées par des énergies renouvelables, en particulier le solaire. Rejoindre une boucle permet donc de bénéficier d’une énergie renouvelable, même sans avoir la possibilité ou les moyens d’installer des panneaux chez soi.

Côté citoyen, cette électricité est produite par vos voisins, dans un périmètre de 20 km maximum : on connaît probablement les producteurs. Une boucle d’ACC crée donc de la valeur directement sur le territoire. Et lorsqu’elle passe par une coopérative d’énergie citoyenne comme la nôtre, ce sont les habitants eux-mêmes qui ont la main sur les choix énergétiques du territoire, plutôt que de les subir : la gouvernance reste locale, par et pour les citoyens. C’est tout l’avantage du circuit court !

Côté indépendance, rejoindre une boucle d’ACC, c’est aussi reprendre la main sur son énergie. Plutôt que de dépendre d’un marché de l’électricité, sensible aux tensions géopolitiques et aux crises comme on a pu le voir avec la guerre en Ukraine, une partie de votre consommation devient indépendante de ces aléas. À l’échelle du territoire, c’est aussi un pas vers plus de souveraineté énergétique : produire et consommer localement, plutôt que de dépendre d’importations lointaines.

La question devrait donc être qu’a-t-on à ne PAS y gagner ?

Mais a-t-on des exemples qui montrent que ça fonctionne ?

Depuis quelques années, les boucles d’ACC portées par des citoyens se développent un peu partout en France, nous ouvrant la voie et partageant leur retour d’expérience. Grâce à notre réseau national Énergie Partagée, nous avons un lien très fort entre collectifs citoyens, ce qui permet de se partager les outils mis en place ailleurs, les retours d’expériences, les conseils et bonnes pratiques… Allons voir de plus près deux exemples de boucles d’ACC réussies.

L’expérience Verdouble Durable

Nichée dans la haute vallée du Verdouble, dans l’Aude, c’est la première boucle d’autoconsommation collective citoyenne d’Occitanie, active depuis février 2025. Portée par des bénévoles et à l’initiative de la mairie de Soulatgé, avec le soutien du Parc Naturel Régional (PNR) de Corbières-Fenouillèdes, l’association Verdouble Durable est la PMO de la boucle, qui alimente aujourd’hui 17 consommateurs, particuliers et professionnels, grâce à deux installations solaires. Le projet s’étend désormais sur 7 villages le long de la vallée, avec une mission claire : une électricité verte, locale et citoyenne, à un prix stable, et un vrai travail de sensibilisation à la sobriété énergétique.

Leur site https://verdoubledurable.fr/

Le cas de Sainte-Eulalie-de-Cernon

Depuis l’automne dernier, tout un village a repris son destin énergétique en main. Et cette fois c’est la commune elle-même qui a investi dans le projet, avec l’appui de la coopérative Sud Energia. 103 foyers consomment l’électricité produite sur le toit de leur salle des fêtes. C’est l’autoconsommation collective vécue comme un nouveau contrat social.

Lien vers le reportage TF1

Envie d’en savoir plus ?

Le principe vous a convaincu ? Nous cherchons justement à développer ce type de projet sur le Pays Midi-Quercy et nous avons besoin de vous, quel que soit votre profil :

  • Une collectivité intéressée pour co-développer ce type de projet sur son territoire
  • Un citoyen qui aimerait bénéficier d’une électricité verte et locale
  • Un producteur, qui aimerait alimenter ses voisins en électricité, que ce soit via un surplus ou une installation dédiée

Nous sommes à l’écoute de toute idée et opportunité ! Si vous êtes intéressés et que vous voulez juste en discuter, ça n’engage à rien, donc n’hésitez pas à nous contacter !

Écrivez-nous à contact@midiquercyenergies.fr, on a hâte de vous lire.

Pour aller plus loin :

Homme qui tient une ampoule

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